On dit que "l'eau boue à 100° Celsius", mais ne devrait on pas dire "eau qui boue est à 100° C" ? Qui a définit la valeur d'un degré, est ce l'eau qui boue ? Ou monsieur Celsius ?
Raphaël (celui né dans une caravane) n'est il pas con d'affirmer que "on s'en souviendra pas des types qui votent les lois là bas au gouvernement" ? Parce que comme dirait mon prof de droit constitutionnel c'est pas les types du gouvernement qui votent les lois, mes les deux chambres parlementaires. Et en plus, même si c'était eux, on s'en souviendrait non ? Parce que là, en 2006, on se souvient de Jaurès, on se souvient de Bismarck et des autres.
J'écoute New York Mining Disaster des Bee Gees, et c'est bien, c'est même très très bien. Peut être parce que j'associe cette chanson à la première fois que je l'ai entendue dans la voiture de Jean Michel, et que c'était un bon moment. A ce qu'il parait on aime certaines musiques parce que nos mères écoutaient ce genre là pendant leurs grossesses. Moi ma mère n'écoutait pas les Bee Gees.
C'est comme les odeurs, à ce qu'il paraît, on les associe à des souvenirs de notre enfance. Par exemple, moi j'aime l'odeur du caca de cheval, c'est con mais c'est comme ça, et quand j'y réfléchis je me rend compte que c'est surement parce que durant mon enfance je suis souvent partie en vacance à la ferme, et que ça m'avait plus.
J'écoute Supertramp, ah, ma mère écoutait ça avant que je naisse. Hasard ? Ou alors c'est encore la voiture de Jean Michel.
Je lis "L'affaire Villain", dans la collection Grands Procès aux editions De Vecchi, et c'est intéressant, il y a des anecdotes rigolotes, c'est réel, et j'ai besoin de réel.
Vous voyez cette photo je l'ai prise à Blois, onze nuits là bas et ma vie est chamboulée. Je ne supporte plus la vie brutalement "citadine", tous ces visages marqués par le stress, ces regards qui vous agressent, ces putes, ces flics, cette pauvreté, cette puanteur, ces gaz qu'on se prend en pleine gueule à chaque pas, ces voitures qui klaxonnent, ce béton, cette grisaille, ces jardins tous plus pareils, carrés, entourés de grillages et de sapins verts foncés, sombres, toutes ces briques sombres, ce bruit, ce chao, ces gens, ces gens que je trouve laids, je veux la Loire, je veux ma Loire.
Je l'ai aimé à l'instant où je l'ai vu, la toute première fois. Pas comme on aime un plat, ou un homme, plutot comme la maison de campagne de notre enfance où la plage de notre premier baiser. Une impression de proximité immediate mêlée à une distance pleine de respect. Mes souvenirs concernant cette époque sont très flous, je devais avoir huit ans tout au plus. Mon père avait emmené la famille dans le camping de St Rémy la Varenne qui hélàs n'existe plus. Nous aimions être sur les plages du grand fleuve, au bord evidemment, pas sur les îles meutrières. La gardienne du camp nous avait raconté des anecdotes, des légendes. Elle disait que les bandes de sable au centre de la Loire n'étaient faites que de tourbillons, de pièges et de sables mouvants. Elle disait que beaucoup de corps devaient se trouver en dessous de ces îles, des accidentés, des imprudents, mais aussi des victimes de crimes. Elle disait que de nombreux assassins s'étaient ainsi débarassé de leur proie, que la Loire était un tombeau sur et que leurs corps ne remontaient que des kilomètres plus loin. Moi je regardais cette eau qui refletait le soleil, cette eau paisible que le courant faisait avancer avec force, et je pensais au proverbe qu'on m'avait souvent repeté, "il faut se méfier de l'eau qui dort". La Loire fût l'une de mes premières fascinations inexplicables et soudaines, l'un de mes premiers amours. Quelques années plus tard je retournais camper au bord de cette eau lumineuse et mystique, plus à l'est, à Chaumont sur Loire. Je redécouvrais avec plaisir cette sérénité, cette douceur de vivre que ressentaient aussi mes deux frères et mes parents. L'air vivifiant de la mer remontait comme jusqu'en plein coeur des terres de cette douce France que je chérissais tant, il ne faisait ni froid, ni frais ni venteux. Le climat était juste doux, un peu fou en même temps, mais apportait plein d'oxygène et de liberté. La façon dont parle Hervé Bazin de cette région a toujours merveilleusement convenu à la manière dont je l'ai vu et dont je la verrais toujours. Ma mère me repetait souvent ce que lui avait dit un jour Paulette, une de ses voisines d'enfance, "Ce n'est pas pour rien si les rois ont choisi la Loire pour construire leurs châteaux". De part et d'autre du fleuve j'aimais les monts, les coteaux, les vignes et les maisons de pierres blanches qui ajoutaient à la tranquillité presque féérique de la vallée. Cette année j'ai à nouveau vu et aimé ma procession de lumière.